Confidences pour confidences – Épisode 3

Il y a quelques temps, j’ai rédigé l’épisode 1 de « Confidences pour confidences » où je vous parlais de mon combat contre la boulimie. Écrire cet article a été une nouvelle étape dans ce parcours vers la guérison et plus précisément vers le lâcher prise. Aujourd’hui, je sors d’une consultation avec mon diet et je me livre à vous sur ma relation avec l’alimentaire, mon poids et mon corps. Ces trois points qui prenaient une place immenses dans ma vie. Je vous explique tout ça ici.

Épisode 3

Ma relation avec l’alimentation, mon poids, mon corps

L’année dernière a été assez éprouvante pour moi, sur différents points et à différents niveaux. Et l’été dernier, j’ai senti de le besoin de travailler sur mon rapport à l’alimentation, à mon corps et à mon poids. 

Depuis mon plus jeune âge, j’ai eu des soucis avec mon image. Je me revois petite fille (environ 5-6 ans) dire à ma mère que j’étais grosse. Je ne sais pas d’où ces mots venaient mais ils étaient ancrés. 

Je n’ai jamais été la fille la plus mince mais je n’ai jamais connu le surpoids réellement. Adulte, j’ai connu différentes périodes, celle où j’ai pris du poids avec la boulimie, montant jusqu’à 69 kg et celle où j’ai perdu d’un coup jusqu’à 57 kg. Un bel écart quand même et le plus important dans tout ça, c’est qu’à n’importe quel poids, je ne me sentais pas bien. Je me suis toujours vue différemment de celle que j’étais en vérité. 

J’ai eu une longue période de stagnation dans un poids dans lequel je me croyais bien et puis l’année dernière, j’ai repris, sans jamais réussir à perdre. 

 

Finalement, l’été dernier, je me suis dis que j’avais envie, enfin, de perdre pour vrai. J’ai eu un déclic : prendre rendez-vous chez un professionnel de santé pour me faire accompagner. 

« (…) son accompagnement a changé ma vie. »

Me voilà sur Doctolib, à la recherche du magicien. Il y en avait plusieurs, je souhaitais un RDV pour la rentrée scolaire et ne me demandez pas comment j’ai fais mon choix, je ne le sais pas mais j’ai choisi un homme. 

Plus les semaines passaient avant la date, plus j’angoissais. Je me demandais pourquoi avoir pris un homme. Je m’imaginais déjà devoir me déshabiller devant lui, monter sur une balance encore une fois devant son regard et devoir lui raconter mes secrets les plus intimes qui concernaient ma relation avec l’alimentation. 

Le jour J, moi et mon stress, partit à la rencontre de ce diététicien et aujourd’hui je peux vous le dire, son accompagnement a changé ma vie. Il s’agit de Mr Pierrick MARTY. (Secteur Annecy) 

Qu’est ce que c’est la boulimie ?

« La boulimie se caractérise par des crises au cours desquelles la personne absorbe de manière compulsive de grandes quantités de nourriture, dans un temps court, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Ces crises de boulimie sont associés à un sentiment de perte de contrôle et sont suivies de comportements compensatoires inappropriés tels que les vomissements provoqués (…). »

La première consultation a duré une bonne heure. Premier constat, je me sens bien où je suis. Il m’a posé des tas de questions sur moi, ma vie. Parfois, je n’avais même plus l’impression d’être chez le diet mais plutôt chez le psy. J’ai été face à un homme calme, avec un regard bienveillant et sans jugement. Et la chose qui m’a le plus frappé, c’est son écoute. Pour la première fois dans mon histoire avec la bouffe, j’avais l’impression d’avoir un vrai professionnel, là pour comprendre pourquoi j’en étais là.

Un peu comme si un jour, vous aviez un morceau de verre sous le pied. Le pied s’infecte, un médecin traite l’infection sans enlever le corps étranger, qui est la cause de tout ça. Traiter le symptôme sans aller chercher la cause. 

Bref, une heure de séance et ces 60 minutes ont tout changé. Il m’a tellement fait parler, que par moi même j’ai réalisé à quel point j’avais un problème encore bien présent avec mon alimentation. J’étais dans le contrôle pour tout. Et surtout, je pensais que mon poids était déterminant. Alors que c’était ce qui passait dans ma tête.

Et vous savez quoi ? Il ne m’a pas pesé ce jour-là. Dommage j’avais mis ma plus belle culotte. (C’est pas vrai, c’est une blague.) 

À l’issue de la première séance, je suis repartie avec des exercices à réaliser dans mon quotidien. Pas de plan alimentaire, pas de restrictions, rien, nous n’avions même pas parler de ça. Une part de moi se sentait même très frustrée. Je me suis demandée comment j’allais perdre du poids comme ça. Les semaines sont passées, j’avais environ une consultation par mois. Ça m’allait, je faisais mon chemin. J’attendais parfois avec impatience de le revoir en consult parce que parfois je me sentais perdue. 

Et t’as perdu du poids ?

Oui. Mais lequel ? Celui sur la balance ou celui que je portais sur mes épaules ? Et bien, les deux. Je dis toujours « sans rien faire, rien changé ». Et pourtant si, ma vie a changé. C’est assez dur de mettre des mots sur ce que je ressens et de transmettre ce chemin sans être maladroite sur ce que je vais dire. Mais j’ai appris à aller au delà de mes barrières limitantes. Vous savez, quand on est petit et qu’on nous dit « finis ton assiette ! » alors que vous avez les dents qui baignent parce que vous n’avez plus faim. J’ai appris à braver cette barrière et des tas d’autres. Je mange à ma faim. Depuis cette thérapie, je suis repartie plusieurs fois avec un doggy bag au resto, je ne finis plus mes assiettes si je n’ai plus faim et que je sens que la bouchée de plus, sera de trop pour moi. J’ai appris à écouter mon corps et il me le rend bien. Si je mange par gourmandise lors d’un évènement avec des proches, pour le partage, alors c’est également un besoin pour mon corps. J’ai appris qu’on devait répondre à la faim mais aussi au plaisir. J’ai aussi appris que l’alimentation, c’était aussi notre santé, physique mais aussi mentale. 

Je fais un métier étroitement lié à la nourriture. Parfois, les personnes disent des choses qui pouvaient avoir un énorme impact pour moi. « Mais vous êtes encore en train de manger ! », « J’ai l’impression que vous mangez tout le temps », « Comment tu fais pour ne pas grossir avec tout ce que tu mange ? ». J’en étais arrivée à un point où je culpabilisais pour des choses que je n’avais même pas mangé. C’est-à-dire que j’étais amenée à faire des shootings de nourriture, je ne mangeais pas mais je culpabilisais à l’image de toute cette nourriture. Je culpabilisais de tout et à cause de ça, je n’arrivais même plus à prendre du plaisir.

Les réseaux sociaux n’aident pas non plus. Aujourd’hui, j’arrive à faire la chasse aux absurdités. J’ai encore vu une influenceuse dire sur Instagram « il ne faut pas manger de féculent le soir » ou des tas de choses que je vous épargnerais. J’ai les épaules maintenant et la confiance en moi pour ne plus croire tout ça mais ça a été un long parcours. 

Maintenant

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Je me sens sereine, belle et surtout très fière de moi. Le poids n’en est plus un. J’ai jeté ma balance (c’est pas vrai, elle coute chère et Steven s’en sert) mais en tout cas, elle ne me fait plus peur. Je la vois tous les jours sans vraiment la voir, je n’ai plus envie de monter dessus en appréhendant le chiffre qu’elle va afficher. Je me sens bien dans ma peau et surtout dans mes vêtements. Je prends du plaisir lors des repas de famille qui durent 5 heures chez mamie Annette. Je mange tout ce qu’elle cuisine avec plaisir et tout ce qui me fait envie. Je peux dire enfin que je suis en paix. 

Les mots de la fin

Cet article est mon vécu, cette prise en charge a été parfaite pour moi, à vous de trouver celle qui vous convient si vous en avez le besoin. Mais quoi que vous fassiez, entourez vous de professionnels.

Je vous laisse, j’ai faim, je vais prendre mon goûter. 

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Steven & Léa

Blogueurs d’Annecy et voyageurs du Monde ! 

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